Le Pays Toraja, la terre des Morts

Retiré dans les montagnes de la province sud de Sulawesi, à huit heures de route de l'aéroport le plus proche à Ujung Pandang (appelé aussi Macassar), le pays Toraja ne cesse d'intriguer les voyageurs en quête de cultures exotiques, mais seuls ceux qui acceptent l'inconfort de longs trajets en voiture pour s'y rendre peuvent s'enorgueillir de cette expérience unique. Si dans les années 90 cette région avait le vent en poupe jusqu'à accueillir le tourisme de masse, aujourd'hui les excès d'hier sont passés et l'on s'y retrouve désormais en petit comité.

Cette destination a la chance d'être immensément photogénique de par ses paysages de montagne et ses cimetières spectaculaires où des éffigies mortuaires, accrochées à des falaises, bénissent leurs descendants en tendant la main en avant. Ce qui est généralement caché dans la majorité des civilisations ne l'est pas ici, les crânes, les os humains font partie du paysage, et de la vie.

La particularité de la culture Toraja c'est d'être passé du mégalithique (culte des pierres) et de l'animisme, au protestantisme, presque d'un seul trait, au début du siècle, après avoir toujours repoussé les autres influences religieuses et culturelles répandues dans l'archipel indonésien, le bouddhisme et l'hindouisme (du 6e au 15e siècles), et l'islam (à partir du 14e siècle). Pas d'offrandes de fleurs comme à Bali ou à Java, pas de musique lancinante ou de transe comme dans la plupart des régions d'Indonésie, et on y mange le porc avec passion. La recherche de la douceur de vivre n'est pas une priorité, c'est le respect de la structure sociale, très hiérarchisée, l'accumulation de biens, en l'occurence des buffles, qui domine la pensée. Plus ici qu'ailleurs l'on vit pour mourir. Plus ici qu'ailleurs il n'est PAS vain de courir après les richesses matérielles car on les emportera au ciel, au paradis Toraja.

Le climat est rude, l'eau du bain froide, les visages sont burinés par le vent et les basses températures nocturnes. Surlignée par le protestantisme hollandais la vie est chose sérieuse et les frivolités artistiques ou humaines fortement découragées. L'ambiance est monacale malgré la nature, belle et joyeuse. Peut-être faut-il comprendre que l'altitude, cette impression de toucher les nuages, en est une raison importante. Peut-être aussi que l'économie, peu prospère, ne soutient pas les extravagances. L'argent au Pays Toraja est cherché ailleurs, à Jakarta, Surabaya et en-dehors des limites de l'Indonésie, et les nouvelles maisons traditionnelles, aussi chères qu'imposantes, sont construites par les nouveaux riches aynt trouvé fortune loin de leur terre d'origine. Et ce n'est pas pour y vivre, la plupart des Toraja installés ailleurs ne reviendront qu'à l'occasion de grandes festivités familiales, et un jour, si possible, pour y recevoir les honneurs de funérailles traditionnelles.

La société Toraja, et cela encore de nos jours, est basée sur un système de classes très rigide. Au bas de l'échelle, ce sont les “esclaves”, encore appelés ainsi aujourd'hui, même s'ils ne sont plus des esclaves, cet asservissement extrême allant contre la constitution indonésienne. S'ils participent aux cérémonies funéraires ce sera toujours pour participer aux besognes avec interdiction de s'asseoir aux places réservées aux vrais invités. Et si de nombreux “esclaves” réussissent matériellement cela ne leur servira pas au village, où ils seront immanquablement remis à leur place.

Parmi les Toraja quittant pour toujours leur terre natale, il n'est pas étonnant que les “esclaves” en soient le plus important contingent. Plus haut l'on retrouve trois classes dominantes avec de subtiles différences (grands chefs, petits chefs...) qui plongent leurs racines au temps où arrivèrent les Toraja en bateau en longeant la rivière jusqu'à la région d'Enrekang, au sud du Pays Toraja, Enrekang signifiant littéralement en langage toraja: le débarquement.

Les arrivants se sont en effet partagé le territoire sur des bases hiérarchiques semble-t-il préexistantes.

La population d'origine établie sur les limites du Pays Toraja d'aujourd'hui, vivait alors encore que de chasse et de cueillette et aurait, pour remercier les arrivants de leur transmettre leur science agricole, accepté de les considérer comme leurs maitres.

Cela est une interprétation communément admise mais d'autres existent également. L'origine la plus lointaine des Toraja serait l'Indochine, et ils auraient cherché une région ressemblant à celle qu'ils avaient quitté mais là encore ce ne sont que des suppositions. L'histoire du peuple Toraja est pleine de mystères.

Au Pays Toraja ce qui frappe en premier lieu ce sont ces étranges maisons traditionnelles appelées “Tongkonan” aux toits en forme de bateau. C'est ainsi que la population se rappellereait de leurs ancêtres venus en bateau et dont la coque, portée par des pilotis aurait été le premier moyen de se protéger des pluies et du soleil. Ce sont également ces puissants buffles partout présents et choyés, et cette coutume insolite: on ne s'en sert pas comme animal de trait! Les buffles sont trop importants pour prendre le risque de les fatiguer et de les voir malades, ce sont les êtres humains qui poussent la charrue (traditionnellement le rôle des esclaves bien entendu). Ce qui frappe encore c'est le relief, calcaire, aux formes souvent aigües, et le ciel qui semble très bas, et qui se reflète dans les vastes étendues de rizières. Et puis ce sont aussi les églises, présence un peu irréelle dans cet univers coutûmier replié sur lui-même.

L'intérêt premier du Pays Toraja reste le trekking, car c'est la vie rurale, l'ambiance, le pittoresque des villages qui fait le vrai charme de la destination. Ils s'effectuent sur deux ou trois jours en dormant chez l'habitant dans des conditions très sommaires.

Notre guide Taba vous fera profiter de ses itinéraires inédits et c'est à coeur joie qu'il vous fera vivre un moment inoubliable. Seuls de bons randonneurs habitués à des conditions de confort minimalistes sont éligibles pour ce genre d'aventure, pour les autres l'expérience pourrait s'avérer fort pénible.

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